PEUT-ON NOURRIR TOUT LE MONDE EN BIO 1/4

Pour répondre à une question qui se pose souvent : « Mais la bio peut-elle nourrir toute la planète? » j’ai pour habitude de répondre « Est-ce que l’agriculture conventionnelle peut nourrir la planète? » Forcé de constater que l’actualité ne plaide pas en sa faveur, les crises alimentaires se multiplient de par le monde. L’INRA commence à donner un autre son de cloche et présente l’agriculture bio comme une solution d’avenir car elle entretient les sols au lieu des les épuiser, alleluya!

Afin de répondre à la question avec des chiffres à l’appui, je me permets de retranscrire ici le travail de Jean-Marc Jancovici, tiré de son site www.manicore.com. Je vous invite par ailleurs à visiter ce dernier, c’est un trésor d’informations, à visiter en long et en large! Ceux qui me connaissent savent à quel point je suis fan de ce site et du travail de cet homme!


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Il existe déjà une large part de la planète qui mange bio : tous les pays "sous-développés" qui n'ont pas les moyens de se payer engrais et pesticides ! Et chez nous, l'agriculture non bio n'est pas si vieille : elle ne date que de quelques décennies seulement, car avant la seconde guerre mondiale nous n'avions ni engrais ni pesticides de synthèse.

Avant d'aller de l'avant, je vais préciser que j'entends par bio non point une norme, mais une agriculture qui n'utilise pas les produits suivants (que l'on appelle aussi des "intrants") :
- les engrais de synthèse,
- les pesticides de synthèse, mais il faut se souvenir que des substances non synthétiques peuvent être compatibles avec la norme bio et pourtant être toxiques pour l'environnement (typiquement le sulfate de cuivre).

Pour les pays occidentaux, la question en titre se résume finalement à la suivante : compte tenu de ce que les rendements de la culture bio sont moins bons que ceux de la culture "normale", dispose-t-on de suffisamment de surface pour tout cultiver en bio tout en conservant la même alimentation qu'aujourd'hui ?

La question du prix est volontairement laissée de côté pour le moment. Une petite dissertation sur le sujet est livrée en guise de conclusion.

Dès que l'on regarde un peu comment se répartissent les surfaces agricoles, on constate rapidement qu'en fait cette question est étroitement imbriquée dans la suivante : quelle quantité de viande voulons nous manger, indépendamment de la qualité de cette dernière ?


Observons par exemple la répartition des cultures en France (année de référence : 1995)

Répartition des surfaces agricoles en France métropolitaine en 1995. Total des surfaces : 300.000 km2 (sur un total de 550.000 pour le territoire métropolitain). Sources diverses.

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